Note de film : Frances Ha

Un film réalisé par : Noha Baumbach

Ecrit par : Noha Baumbach & Greta Gerwig

Avec dans le rôle de Frances Ha : Greta Gerwig

 
Pierre, un ami avec qui je fais beaucoup de films m’a conseillé ce film, j’ai de suite pris le temps de le regarder. Il raconte les aventures bien banales mais touchantes de Frances (Greta Gerwig), une jeune danseuse américaine qui à du mal à joindre les deux bouts. Le film commence par une petite série de plans d’elle et son amie Sophie (Mikey Sumner) qui nous fait comprendre rapidement qu’elles sont très amies et complices.

Elles rient, lisent, boivent, jouent ensemble. Dès le début, une scène assez dure pour Frances est présente. Elle se retrouve prise au piège car son petit ami veut emménager avec elle.

Frances ne peut pas car elle à promit à Sophie de terminer le bail avec elle. Elle est bloquée, son petit ami insiste, Frances est déstabilisée car elle voudrait aller avec lui mais sa relation avec Sophie est si importante qu’elle ne peut pas dire oui. Le téléphone de Frances sonne, son petit ami lui dit de répondre, elle répond et le ton change complètement. Elle rie de suite avec Sophie qui est ivre, à l’autre bout du fil. Il rompt avec elle dans la foulée.

Peu de temps après avoir rompu avec son petit ami, Frances apprends que Sophie va quitter la colocation afin d’aller vivre avec son ami Patch (Patrick Husinger). Coup dur, pendant tout le film on découvre que cette amitié forte est en train de subir les ravages du temps et Sophie commence à ne plus être sur la même longueur d’ondes que Frances. Elles se brouillent et Frances essaye de surmonter ça en quittant sa zone de confort. Elle va trouver une nouvelle colocation dans laquelle elle se fera de bons amis et restera en dehors des histoires d’amour et de sexe. Elle est « Undatable« . C’est d’ailleurs un chouette rapport dans le film car elle est protégée de plein de soucis en étant vraiment concentrée sur son activité. Elle galère, doit rentrer de l’argent tout en continuant son activité de danseuse.

Je trouve que le profil psychologique de Frances est génial, une jeune fille pleine d’énergie qui ne baisse pas les bras devant les problèmes de la vie d’artistes dans la galère d’argent. J’aime le fait qu’il n’y ai pas de drogue dans ce film, de maladie (même si de loin le grand père de Patch est malade, mais c’est un élément déclencheur plus que tout). Pas de grand méchant, pas de problèmes d’alcool. L’alcool est consommée bien sur mais c’est plus un élément en plus qu’un axe central. C’est agréable, ce fait qu’elle ne soit pas tentée par ses colocs, que son chemin est déjà bien complexe comme ça. C’est une chouette romance entre deux amies qui s’éloignent mais ne se perdent pas non plus de vue définitivement.

Pour la mise en scène, les plans sont simples, pas alambiqués, pas de gros mouvements de caméra racoleurs, c’est filmé simplement, c’est agréable.

Je crois que ce film m’a beaucoup plu, de par le caractère de Frances qui est vraiment alerte. Elle est pétillante et douce à la fois.

Je conseille toujours ce film aux gens qui montrent un intérêt pour le cinéma humain, qui raconte la vie simple de personnes comme vous et moi. J’aime énormément le travail de Greta Gerwig et ce film est un bon exemple de ce qui me plait.

Note de film « Marfa Girl »

« Marfa Girl »Larry Clark – 2012 (vu le 27-02-2017)

Marfa Girl raconte un moment de la vie de quelques habitants de « Marfa » une ville du Texas. Il n’y a pas de but précis dans l’histoire, pas de réelle narration, c’est un simple moment dans leur vie. J’adore ce genre de récit.

Adam (Adam Mediano) est très au centre de l’histoire. C’est autour de lui que les personnages vont tourner. Je trouve ce plan assez chouette, un train passe de gauche à droite et laisse donc passer Adam.

Cela me donne l’idée de l’histoire de la rencontre de deux personnes autour d’une voie de chemin de fer.

Le personnage de Tom (Jeremy St James)  est le plus violent je trouve, dans sa trame psychologique. Il a l’apparence d’un agneau, on lui fait confiance, il est garde frontière, bien habillé, souriant. Il cache en fait un vrai traumatisé. C’est dans des paroles déplacées qu’on découvre qu’il n’a pas si bon fond. Mais surtout quand il donne rendez-vous à la serveuse (Elizabeth Castro), elle croit que c’est un homme bien, mais en la faisant venir chez lui en utilisant l’excuse de l’oubli de portefeuille, elle lui demande « ou penses-tu que nous allons manger? » et il répond « Je ne pense pas que nous allons manger, nous allons baiser ». C’est le deuxième indice sur la véritable nature du personnage.

Dans cette scène, il parle mal à la jeune fille qui vient lui servir un café. Ses deux collègues lui disent qu’il ne doit pas parler comme ça, que ce n’est pas une façon de faire. C’est le premier égard de comportement.

Dans cette longue scène, Adam et Marfa Girl (Drake Brunette) parlent de sexe. Elle lui raconte ses aventures sexuelles, que son père était un Hippie et qu’il croyait au pouvoir de l’amour. Elle se confie donc en faisant part de son point de vue sur le jugement des gens. Elle exprime le fait qu’un mec qui couche avec 20 femmes est un « Badass » et qu’une femme couchant avec 10 hommes est une pute. C’est dans cette scène que le film prend une tournure qui me plait bien. C’est souvent tard dans le récit que je comprends ce que veux dire Larry Clark. J’aime beaucoup cette scène qui s’étend sur plusieurs décors. En démarrant de la salle de bain ou Marfa Girl va aux toilettes devant Adam qui prends son bain. Sans pudeur, j’aime bien quand les choses sont filmées sans chichis.

Adam dort en cours, c’est une scène assez étrange car sa prof Miss Jones (Lindsay Jones) le garde à la fin du cours pour lui faire une remarque. Elle lui fait ensuite toucher sont ventre pour sentir le bébé bouger. Elle installe Adam sur ses genoux et lui met 17 fessées. Ils rient et prennent plaisir à cette scène. C’est étrange mais bon. Je n’ai pas encore trop compris.

La rencontre avec Inez (Mercedes Maxwell) est assez superficielle. Adam à l’air d’être heureux avec elle, il y a de belles scènes de balades et de romance (aussi un peu de sexe) mais de jolis moments. Jeunes, innocents mais, à côté de tout ça, Adam continue à avoir quelques rapports avec d’autres. C’est assez léger, comme si rien n’avait vraiment d’importance.

Ce moment par exemple, ils doivent se dire au revoir mais Inez ne lâche pas le skate. J’adore ces moments de vie. Les personnes savent qu’elles doivent se dire au revoir mais le pas n’est pas franchi. Le temps s’étale et la décision de partir n’est pas prise rapidement.


Conclusion :

La vie des jeunes de la ville de Marfa n’est ni compliquée, ni simple. C’est une vie assez normale, du skate, des histoires d’amour, des cours qui font chier. Il n’y a pas non plus énormément de rapport avec la drogue. Le vrai twist est que Tom, le garde frontière se dévoile vraiment à la fin du film. Tom dévoile,àa la fin qu’il à été longtemps tabassé par son père, qu’il ne veut pas faire pareil avec son enfant de 9 ans mais sa mère lui à oté. ils sont divorcés. C’est la que le personnage se dévoile, un mec fragile qui en fait reproduit la violence qu’il à vécu non pas sur son fils mais sur les jeunes de la ville. C’est le schéma psychologique le plus travaillé du film. C’est un film que je pense engagé à ce sujet la. Il expose des jeunes (hommes et femmes) libérés sexuellement et une vrai critique des zones pauvres en activités. Comme beaucoup de films de Larry Clarck, une vision très pessimiste et mortifère est proposée pour certains personnages. C’est assez surprenant d’ailleurs car j’aime autant sa vision que celle de Chris Colombus qui elle, est beaucoup plus rêveuse, magique et pleine d’amour. Dans Marfa Girl, la violence est un symptome d’une même violence. Des personnages meurtris, en manque de soutien, reproduisent ce qui leur est arrivé plus jeunes. C’est horrible je trouve.

Note de film – « It Follows »

Attention : Les lignes qui suivent sont une « note » que j’ai rédigée après avoir vu ce film. Ce n’est pas une analyse du film, ce sont mes « notes » sur ce qui me plait et attire mon attention. Cet article comporte de légers spoïlers. Je ne dévoile pas le dénouement mais donne quand même quelques informations sur le déroulement de l’histoire. Je vous conseille quand même de voir le film avant de lire ces quelques lignes. Je met côte à côte ce film et Halloween de John Carpenter qui est un de mes films de chevet.

« It Follows » est un film de David Robert Mitchel sorti en 2014

Bon, j’ai un très gros capital sympathie pour Jay Height (Maika Monroe) qui joue dans « The tribes of palos verdes« . J’ai beaucoup de respect pour le film. Je pense clairement que le réalisateur est inspiré d’Halloween dans le rythme, dans certains plans et dans ses optiques. Beaucoup de plans sont filmés au grand angle. Il y a beaucoup de profondeur de champ, peu de choses floues. Des Dutch Angle, des deux tiers un tiers, une compo très soignée, appliquée qui est vraiment efficace.

Au départ, la police s’occupe de Jay et commence à mener l’enquête. Elle va vite disparaitre de l’écran pour ne laisser de place qu’à la bande d’amis et d’amies de Jay. C’est d’ailleurs cool de les voir prendre leur courage à deux mains pour aider Jay. Je peux trouver des similitudes avec « Les Griffes de la Nuit » de Wes Craven. Le sommeil est un ennemi. Il ne faut pas se laisser surprendre. On voit la fatigue des jeunes s’accumuler durant tout le film.


« Halloween » « It Follows » dans un mouchoir de poche

L’héroïne de « It Follows » s’appelle JAY je fais un rapport avec JAYME LEE CURTIS de Halloween. La sœur de JAY est appelée KELLY, comme la sœur de Jamie Lee Curtis, KELLY Curtis.
La première victime du film s’appelle Annie, comme un personnage dans Halloween.

Il y a des scènes qui me font beaucoup penser à Halloween. Des déambulations dans les rues de zones pavillonnaires. Le film dure 1h30 et prend vraiment son temps ce que j’adore. 

 La maison de la mère de Jeff

A 51:35 du film, ce plan me fait beaucoup penser au plan de la voiture « Sheriff » dans Halloween.

La caméra est vraiment à ras du sol. Je trouve ces plans fantastiques dans la narration de ces deux films.

Dans Halloween, c’est le premier plan qui présente Haddonfield le quartier de Laurie Strode de Jour. C’est dire si c’est un choix important de mise en scène. C’est dans ce plan que quelques feuilles tombent devant la caméra.

Hormis le mouvement de caméra qui est à l’opposé d' »Halloween » (trav avant au milieu des tables de classe) dans « It Follows » le plan est un pan à 360° qui fera deux rotations complètes jusqu’à la fuite de Jay. Mais, la similitude est dans la place qu’occupe Jay dans la classe. C’est sensiblement la même que celle de Laurie Strode.

Dans ces deux plans, je trouve un réel écho narratif. Sur le plan du haut ou Jay est ligotée à un fauteuil roulant, Jeff arrive à gauche de l’écran lui explique qu’elle est maintenant suivie par cette chose. Dans le plan du bas, les jeunes sont dans un retranchement autour d’un lac. L’ambiance n’est pas à la fête malgré les efforts des copains et copines de Jay. Et paf, même plan, presque même valeur, de la même zone sort le danger. Je trouve que c’est un film très travaillé, studieux.

La scène du diner :


Au départ du plan (trav avant) Jay et Jeff sont dans un restaurant. Le point est sur eux mais le son ne l’est pas. C’est comme si la scène était sourde.Le point va finir par se rattraper sur le fond.

Cette lumière et la mise en scène font penser à la scène du miroir dans Carrie

Cette scène est à la fin du film, j’adore le stress qu’elle véhicule. Les trois protagonistes sont au calme dans un parc et du fond arrive une silhouette qui marche vers eux. Le stresse monte car maintenant, nous pouvons penser que la chose peut revenir à chaque fois.

J’ai rédigé cette note de film afin de poser quelques lignes sur les rapports que je fais entre Halloween de John Carpenter et It Follows de David Robert Mitchell. Je trouvais intéressant d’écrire ces quelques lignes sur ces films. J’aime beaucoup les deux films. Le « Mal » est traité dans les deux films. Dans « It Follows » le mal est « transmis » et de manière horrible. Il est traité comme une maladie ou une infection sexuellement transmissible. Vous devez coucher avec quelqu’un pour vous débarrasser de la chose. Cela implique (si vous êtes au courant) une manipulation, une trahison ou une exploitation de cette personne. C’est horrible. Le pire dans tout ça, c’est que si la chose parvient à tuer sa victime, alors elle retourne chasser la personne précédente. C’est un cercle vicieux et sans fin.

Allociné à fait un « Avez vous remarqué ? » sur ce film. Je vous le conseille

Note de film : Le chat – 1971

Un film de Pierre Granier-Deferre.
Avec Jean Gabin et Simone Signoret.

Page Wikipedia du film

Attention : Les lignes qui suivent sont une « note » que j’ai rédigée après avoir vu ce film. Cet article comporte des spoïlers très importants je vous indiquerai d’un texte rouge quand ils commenceront afin de ne pas vous gâcher les surprises..

Dans la ville de Courbevoie, un couple, Julien et Clémence Bouin passent leur temps à se haïr. Ce film raconte leur chute aux enfer dont l’issue est impossible.
Julien est typographe retraité et Clémence ancienne acrobate. Le problème est que les choix de leur passé font qu’ils se détestent aujourd’hui. Julien à étouffé Clémence en lui imposant de quitter le cirque, ce qui ne fut pas difficile après sa chute de trapèze. Clémence apprend qu’elle ne pourra plus jamais marcher correctement. Elle boite d’ailleurs.
Julien lui, dit qu’il change, comme le monde et qu’il n’aime plus Clémence. Greffier fait son apparition dans leur couple, un chat de gouttière retrouvé dans le voisinage. Julien s’occupe de Greffier à temps plein et ne fait cas des questions de Clémence.

Les thèmes de ce film sont assez importants. Le récit est découpé en plusieurs époques. On commence le film par des plans de Courbevoie dans une brume épaisse qui ne nous laisse rien présager de bon. L’ambiance est vraiment travaillée dans ce film.

Le bruit incessant du deux ton de l’ambulance et un gros plan sur le gyrophare nous indiquent que quelque chose se passe. On voit aussi un plan d’un couloir d’hôpital menant au « bloc opératoire » mais rien ne nous indique le pourquoi du comment. Tout le film va s’en charger.
C’est vraiment bien découpé. 

Les spoilers commencent

La construction vue par la destruction :

Dans leur rue, quand ils emménagent, on nous montre, grâce à un flashback que tout est idyllique. Tout est beau et que la vue du quartier est « imprenable » comme le dit le bailleur. Ensuite, pendant tout le film, on apprend qu’un nouveau quartier se construit, mais on ne voit aucune structure sortir du sol, rien, que de la destruction. Un vacarme incessant, des ouvriers parlant une langue étrangère (ce qui appuie le fait que la communication est impossible), des camions, des pelleteuses, de la terre et des gravats. Rien, absolument rien ne laisse entrevoir que l’issue du film sera bonne.

La jalousie et sa bêtise légendaire :

Le chat est un élément déclencheur dans le film. Il pousse Clémence dans ses jugements idiots et non fondés sur de la jalousie.
Julien est aussi jaloux, et aussi bête. Quand Clémence lui dit qu’elle va aux obsèques d’un ancien clown, il lui fait une scène car elle reçoit des appels de l’extérieur. La jalousie pousse même Clémence à se séparer du chat. Le premier essai n’est pas concluant, elle l’abandonne dans un supermarché, mais il revient. La seconde fois est radicale, elle ouvre le feu sur la pauvre bête avec une arme que Julien lui a donné pour qu’elle le tue lui, pas Greffier.

La bonté étouffée par le quotidien :

Ils s’aiment, et se détestent, c’est un film dont l’angle est très complexe. L’amour des deux cachés par la haine du quotidien. C’est un récit d’anticipation pour plein de personnes. C’est terrifiant, cela donne envie de ne pas se laisser avoir par une routine nulle et destructrice.
Le moment ou Julien lui adresse un mot gentil est assez fort car même ça, alcool (soulignée par le plan sur le verre) fait revenir Julien sur sa parole. Il n’envoie pas le mot, mais le jette au feu. C’est encore une preuve de l’usure du quotidien.

De l’érosion à la destruction :

Julien et Clémence mangent dans la même pièce mais pas à la même table.

Si ce film est noir par son érosion. Je vois là le travail de Georges Simenon qui, pendant sa vie et ses voyages à rencontré des tas de gens et qui en montre une facette. Celle ci, manque de bol, est pessimiste au possible.
Leur quotidien montre bien qu’un couple, doit se construire chaque jour qui passe. Que rien n’est acquis et que l’entretien d’un bâtiment, aussi petit qu’il soit, nécessite de l’attention et de la rénovation.

Ils ne se parlent plus, Julien l’a promis à la mort de Greffier. « Je reviens, mais je ne t’adresserais plus jamais la parole, tu entends ! » Ils font donc leur vie, chacun de leur côté. Avec des cadenas aux portes et des tables, lits, repas et nourriture séparés.

Dans ce plan, Julien regarde d’en bas, mutique, la destruction des bâtiments d’en face. Une énorme boule de fer vient cogner, sans âme, sans émotion les murs de l’immeuble détruit petit à petit. 

Le dialogue laisse entrevoir une solution, mais la bêtise le clôt :

Dans cette scène, Julien est chez Nelly. Elle tient un hôtel de passes non loin de leurs maisons. Il ne consomme pas, il y vit, dans la chambre 19, sans autre but que d’être loin de Clémence. Il regarde, sans le son, des oiseaux voler. Quand Nelly vient lui parler de sa femme, il répond brièvement. Quand la discussion l’agace, il allume le son et la discussion se fait couper par les cris des goélands qui volent. Le caractère buté du personnage est bien présent. On voit que le peu de phases de « questionnement » de la part de Clémence sont annulés par des réponses bêtes et bourrues de Julien. 

Deux truffes, entourés de gens bienveillants :

Plus j’écris ces lignes, plus je pense que ces deux personnages sont des truffes. Que ce soit par leurs crises de jalousies, le fait qu’ils s’étouffent mutuellement. Ils n’écoutent jamais l’autre, mais pire, ils n’écoutent pas les autres en général. Julien à des collègues qui lui disent qu’il ferait mieux de partir. Non ! Il s’en fiche, il est aveuglé par ses certitudes et son quotidien.

La vengeance ? 

Julien tue t’il Clémence par son mutisme et son absence ? C’est la question que je me pose, ce qui appuie encore plus fort le thème de la bêtise. Car, la mort de Clémence le mène à sa propre mort. Comme s’il avait fait son travail de vengeance et que son suicide est l’inéluctable fin de cette relation destructrice. Quel gâchis ! Clémence sait jouer des tas d’instruments, peut reprendre quand elle veut un travail au cirque. Lui peut partir vivre ailleurs, son métier lui plaisait, il collectionne toutes les coupures qu’il a imprimé.

Je ne peux pas vraiment conclure, c’est une « note » comme j’en prends des tas sur les films qui me marquent. Je n’ai pas pour but de proposer une analyse unique, mais juste une réflection sur certains thèmes, certains plans, certains dialogues qui m’ont marqué pendant que je regardais ce film. J’espère que ces lignes vous auront donné envie de le revoir ou de le voir. N’hésitez pas à me donner vos ressentis ensemble, on peut découvrir plein de choses encore.

Belle journée à vous.

Je suis dans la lune

« Je suis dans la lune » est un court métrage traitant du chemin personnel et de l’entourage d’une enfant découvrant qu’avec un petit coup de pouce, elle peut devenir qui elle veut.

J’ai réalisé ce film avec notre production « Noroom » pour le Nikon Film Festival.

Voici quelques images de mon storyboard. Afin de faciliter la compréhension du board lors des réunions de pré production, j’ai collé tous mes dessins sur du carton plume et découpé chaque plan séparément afin de pouvoir modifier ou ajuster le plus confortablement les plans.

Pour que l’enfant ait son déclic, je voulais la faire rencontrer un personnage haut en couleur. Elle rencontre Charlotte, jouée par Olympe, dans un garage peu accueillant. Je voulais faire comprendre à mon équipe ce que j’avais en tête pour ce personnage. J’ai donc commencé par faire quelques croquis de Charlotte.

Ensuite j’ai attaqué la partie lune. Pour éviter de se lancer bille en tête sur la fabrication, j’ai commencé de la meme manière avec des croquis et des petites sculptures.

Après ces recherches, l’équipe des décors valide la faisabilité du projet. Nous attaquons le travail plastique.

Notre structure en cartons récupérés dans les rues
Eric Klatt après le poncage de la mousse
Une fois poncé et peint le siege « lune » est fin prêt pour le tournage

J’ai aussi utilisé du carton plume pour faciliter mes explications pour préparer le tournage. Les plans de situation sont donc fait avec des éléments que je peux bouger en temps réel lors de nos réunions.

Note de film : Jaws

Un film de Steven Spielberg sorti en 1975

Comme je le précise régulièrement, cet article n’est que la mise en ligne de mes « notes ». Ce n’est pas une critique du film. Ce ne sont que mes observations, mes questions, mes remarques. Je fais cela pour énormément de film et j’ai décidé de les publier sur mon site pour ne pas les perdre dans mes piles de carnets. Celle ci ne spoile pas le film. Je conseille tout de même de voir le film avant pour éviter de vous gâcher les surprises que le réalisateur vous à préparé.

Amity, une ville balnéaire de la nouvelle Angleterre, un requin géant attaque des nageurs et des nageuses. Une équipe de personnes s’occupe de capturer/tuer la créature meurtrière.
Chief Martin Brody (Roy Scheider), le chef de la police de la ville de “Amity” découvre que Larry Vaughn (Murray Hamilton) le maire de la ville se fiche complètement des risques pour les personnes se baignant. Il refuse de fermer les plages pour la sécurité, il minimise l’attaque et fait taire Martin Brody en passant sous silence la première victime du requin.

Cette scène est superbe, les trois hommes sont réunis autour de la table de l’Orca (le bateau). Ils n’ont même pas terminé leurs assiettes et parlent des cicatrices laissées par des accidents qu’ils ont eu dans leurs vies. Martin n’a rien, il hésite même à montrer la cicatrice de l’opération de l’appendicite. Matt, montre la pire cicatrice en ouvrant le haut de son haut, il montre son thorax, et dit “X, elle m’a brisé le coeur”. Les trois hommes rient et partagent un moment de calme, humain et égal avant qu’ils se fassent attaquer par le requin.

Cette scène est très bien filmée, Martin n’écoute pas un traitre mot de ce que lui raconte cet homme. Comme Martin, je n’ai rien écouté de ce qu’il a dit, car Martin est occupé, concentré à regarder que tout se passe bien pour les personnes dans l’eau. Il redoute une attaque de requin.

Ellen Brody (Lorraine Gary) joue un rôle assez charnière pour Martin son mari. Elle le canalise et le pousse à agir. C’est un rôle de l’ombre mais, elle est bien présente dans le film. D’ailleurs, un des premiers plans du film, après l’introduction, est sur elle. Martin arrive quelques secondes après l’installation du plan. La lumière sur ce plan est belle comme tout.

Cette scène, ou Matt apporte deux bouteilles de vin, une rouge et une blanche chez les Brody pour parler de ce qui s’est passé à la plage (l’attaque). Matt arrive pendant le repas d’Ellen et Martin. Ellen apporte trois verres à vin pour boire une des deux bouteilles. Martin ne va pas bien, moralement, il est au fond. La scène d’avant était avec son cadet, qui imitait toutes les positions qu’il prenait en pensant. Martin demande un bisou à son fils en lui disant qu’il en a besoin. Martin, se sert en vin, mais dans le grand verre à eau. 
Martin voit la nourriture dans l’assiette, quasiment pas touchée, il demande s’il peut le manger, la famille dit “oui” et il le mange avec la fourchette de Martin. J’aime bien ces scènes humaines. Très simples dans l’archétype des personnages. Je trouve important que les protagonistes ne soient pas des machines à tuer, des êtres sans doutes, sans peurs. La peur est un carburant, pas un frein. Montrer les faiblesses des personnages est pour moi un ticket pour que les personnes regardant le film s’y attachent.C’est le cas pour ces trois personnages.

Ellen, au début du film ne veut pas que Martin interdise à leurs enfants d’aller sur le bateau qu’ils ont reçu pour leur anniversaire. Elle feuillette un livre sur les requins et y voit les blessures qu’ils infligent quand ils attaquent, dans la seconde qui suit, elle ferme le livre et hurle aux enfants de quitter le bateau !

La séquence de l’hopital est chouette car il s’y passe deux éléments importants qui définissent la suite de l’histoire. Le premier est qu’Ellen est toujours présente, aux côtés de sa famille. Elle rassure son cadet qui à été attaqué par un requin plus tôt dans la journée et qui est en état de choc. La scène est surréaliste et belle. Le rond blanc au milieu de la scène orange me plait beaucoup. Le regard du brancardier et sa coiffure me font penser au cinéma de Stanley Kubrick et l’attitude d’Ellen ainsi que sa tenue en disent long sur son côté “naturel” et “fort”. Elle s’adapte, elle avance, bouclier levé pour sa famille.

La dernière partie avec d’autres personnes que le trio qui va chasser le requin géant est aussi entourée avec Ellen. Elle prend soin de Martin jusqu’au bout des préparatifs. Elle est dans un univers hostile, rouillé, qui sent le chaud, le poisson et l’iode mais elle est là, présente, et ne fait pas attention à tout cela. C’est une femme très forte je trouve dans ce film. Voila pourquoi j’y passe du temps.
Le truc fou, c’est que Lorraine Gary n’a rien joué depuis 1987. 

Cette scène est drôle de part sa mise en place et le jeu d’acteur de Roy Scheider, il se redresse d’un coup, d’un seul de la partie basse droite de l’écran vers le centre. C’est super cool. Avec son air offusqué et étonné. Ce n’est pas de la terreur, ni de la peur, mais de la surprise et un peu d’absurde.

Cette scène ou Quint repère pour la première fois le requin, est chouette car il n’y a pas beaucoup de bruit. Il prépare doucement sa canne à pèche pour être opérationnel quand le requin va se débattre. 

Comme je le notais sur mon carnet pendant le visionnage. J’ai l’impression que le vrai méchant, “Bad guy” du film n’est autre que le maire en personne. Qui ne veut pas du tout entendre les conseils et les avertissements des spécialistes et de la police. Ils veulent fermer les plages, mais lui, vu la saison touristique, ne veut pas du tout. Il cache la vérité aux personnes utilisant les plages. Il va même forcer un de ses associés à aller se baigner alors que personne n’y va. Cela coutera la vie d’un enfant.