« Inside » L’intégrale de mes documentaires

Bonjour à toutes et à tous, j’ai pris la décision de casser mon ancien site et de vous proposer une nouvelle chose. Un site/blog sur lequel je vais vous partager mes travaux de réalisateur mais aussi mes travaux d’analyse et d’études que je fais sur certains films et certaines techniques.

Voici un article vous regroupant mes films documentaires que j’ai inscrit dans la série des « INSIDE ». Ce sont des films que je réalise, sans voix off, avec une caméra à l’épaule dans lesquels je suis des gens dont j’apprécie beaucoup le travail. J’ai par ces films eut envie de les présenter sans filtres, sans artifice, équipé de ma caméra, de mon micro et de mon envie de partager des histoires avec qui veut les écouter.

Inside Patrick Béja

J’ai réalisé ce film en coproduction avec « Break The Rules » pour le site www.korben.info sur le célèbre podcasteur Patrick Béja. Je l’ai suivi dans son quotidien de créateur audio. Un véritable artisan du podcast. Un petit appartement Parisien, un micro, des amis et collègues et les podcasts fusent.

Inside Marie-Pascale Gautheron

Marie-Pascale est une artiste que j’apprécie de tout mon cœur, elle crée des crânes et des sculptures très colorées. J’en ai d’ailleurs depuis des années dans mon bureau. Je suis honoré qu’elle ait participé à cette série de documentaires.

Inside Etienne Perin

Etienne Perin fabrique des jeux vidéos. J’ai toujours été attiré par ce domaine. Je participe à des Jam de création de jeux et j’adore le travail d’Etienne. Voici donc un film présentant ses créations, son travail et ses

Inside Hugo Délire

Hugo est Youtubeur, j’ai eu envie de réaliser un film sur son activité en le suivant dans son quotidien. Dans ce film vous le verrez un peu plus les coulisses de son travail de l’époque.

Inside Louise de Testa

Louise est une créatrice de mode. J’adore la mode, j’adore son travail élégant et robuste. Je me suis dit que faire un film sur elle serait une chouette aventure. Ce fut le cas. J’ai adoré réaliser ce projet. J’étais très inspiré par le travail de Loic Prigent sur Chanel pour ce projet. J’aimerai beaucoup faire un nouveau film dans l’univers de la mode.

Inside Tric Trac

Ce film est le tout premier, je l’ai réalisé en 2014. Je suis parti filmer avec ma caméra et mon micro le quotidien de Tric Trac un site de revues de jeux de sociétés très célèbre en France. C’est un film que j’ai réalisé en roue libre, j’ai suivi Phal, le personnage emblématique du site dans son quotidien. C’était chouette à réaliser et cela m’a donné envie de continuer. Les autres épisodes sont plus « sérieux » mais c’est bien lui, qui lança la machine.

Note de film : Frances Ha

Un film réalisé par : Noha Baumbach

Ecrit par : Noha Baumbach & Greta Gerwig

Avec dans le rôle de Frances Ha : Greta Gerwig

 
Pierre, un ami avec qui je fais beaucoup de films m’a conseillé ce film, j’ai de suite pris le temps de le regarder. Il raconte les aventures bien banales mais touchantes de Frances (Greta Gerwig), une jeune danseuse américaine qui à du mal à joindre les deux bouts. Le film commence par une petite série de plans d’elle et son amie Sophie (Mikey Sumner) qui nous fait comprendre rapidement qu’elles sont très amies et complices.

Elles rient, lisent, boivent, jouent ensemble. Dès le début, une scène assez dure pour Frances est présente. Elle se retrouve prise au piège car son petit ami veut emménager avec elle.

Frances ne peut pas car elle à promit à Sophie de terminer le bail avec elle. Elle est bloquée, son petit ami insiste, Frances est déstabilisée car elle voudrait aller avec lui mais sa relation avec Sophie est si importante qu’elle ne peut pas dire oui. Le téléphone de Frances sonne, son petit ami lui dit de répondre, elle répond et le ton change complètement. Elle rie de suite avec Sophie qui est ivre, à l’autre bout du fil. Il rompt avec elle dans la foulée.

Peu de temps après avoir rompu avec son petit ami, Frances apprends que Sophie va quitter la colocation afin d’aller vivre avec son ami Patch (Patrick Husinger). Coup dur, pendant tout le film on découvre que cette amitié forte est en train de subir les ravages du temps et Sophie commence à ne plus être sur la même longueur d’ondes que Frances. Elles se brouillent et Frances essaye de surmonter ça en quittant sa zone de confort. Elle va trouver une nouvelle colocation dans laquelle elle se fera de bons amis et restera en dehors des histoires d’amour et de sexe. Elle est « Undatable« . C’est d’ailleurs un chouette rapport dans le film car elle est protégée de plein de soucis en étant vraiment concentrée sur son activité. Elle galère, doit rentrer de l’argent tout en continuant son activité de danseuse.

Je trouve que le profil psychologique de Frances est génial, une jeune fille pleine d’énergie qui ne baisse pas les bras devant les problèmes de la vie d’artistes dans la galère d’argent. J’aime le fait qu’il n’y ai pas de drogue dans ce film, de maladie (même si de loin le grand père de Patch est malade, mais c’est un élément déclencheur plus que tout). Pas de grand méchant, pas de problèmes d’alcool. L’alcool est consommée bien sur mais c’est plus un élément en plus qu’un axe central. C’est agréable, ce fait qu’elle ne soit pas tentée par ses colocs, que son chemin est déjà bien complexe comme ça. C’est une chouette romance entre deux amies qui s’éloignent mais ne se perdent pas non plus de vue définitivement.

Pour la mise en scène, les plans sont simples, pas alambiqués, pas de gros mouvements de caméra racoleurs, c’est filmé simplement, c’est agréable.

Je crois que ce film m’a beaucoup plu, de par le caractère de Frances qui est vraiment alerte. Elle est pétillante et douce à la fois.

Je conseille toujours ce film aux gens qui montrent un intérêt pour le cinéma humain, qui raconte la vie simple de personnes comme vous et moi. J’aime énormément le travail de Greta Gerwig et ce film est un bon exemple de ce qui me plait.

Photoreportage : Le forçat du bitume

Alexis, chauffeur de taxi de nuit à Orléans

“J’ai acheté ma plaque de taxi en 2006 pour 140 000 euros. Je roule maintenant la nuit pour mes clients. Sept nuits sur sept et cela douze mois de l’année sur douze. J’ai pris des vacances une seule fois”

“La nuit est un monde à part, avec son ambiance, ses codes, ses acteurs. On trouve de tout, du plus beau comme du pire”

“J’ai acheté ma four* 6000 euros. C’est une voiture solide et spacieuse. Pour transporter des gens, c’est ce qu’il me fallait. Ma 406, c’est le confort absolu dans le basique le plus total.”

*voiture

“La nuit, j’ai vu de tout, mais je ne me plains pas. J’ai appris à temporiser et à parler. La plupart des gens agressifs se calment par la parole. Heureusement qu’on a les collègues pour décompresser”

“La nuit, c’est notre période de travail, on a nos habitudes, on commence toujours par un café dans le bungalow pourri. On se brûle la gueule avec le petit noisette avalée trop vite, car l’aramus, notre ordinateur de bord fait tomber une course et qu’il faut aller charger*.”

*Prendre un client

“Luxueux ce bâtiment, ça fait envie hein?. C’est la qu’on se repose, qu’on boit des cafés, qu’on pisse qu’on fume qu’on gueule, qu’on dort. Une vie de rêve.

“Ce bungalow est fourni par la mairie, mais on paye l’électricité et l’eau et les cafés. C’est notre point de chute. Un café est une valeur sûre au milieu de la nuit. Chloé est chef de gare et Romain taxi de nuit aussi.”

“J’ai l’application SNCF, c’est important de connaître les retards et les galères de la SNCF dans mon travail. Si je fais le piquet à la gare et que le train à 30 minutes de retard, je peux charger ailleurs avec un peu de chance.”

“Mon portable est mon outil principal, il me permet de contacter le central qui nous donne les courses, mais il me permet aussi de tuer le temps. Les nuits sont souvent longues, on passe notre vie à attendre.”

“J’ai fait une seule course entre 22h00 et 23h40 à 8 balles. Ce n’est pas cher payé de l’heure taxi quand tu comptes le temps que tu poireautes comme un con à attendre qu’une personne te demande de la conduire le plus vite possible et le moins cher d’un point A à un point B.”

“Faire le plus rapide et le moins cher est ce qu’on nous demande. Il faut savoir que c’est la préfecture qui fixe le prix des taxis de la région, pas les chauffeurs. On est là, au milieu de la nuit, à aller chercher des gens pour leur rendre service. On est pas une entreprise de charité non plus.”

“C’est un métier qui ne se répète jamais. Tu ne sais pas sur quel client tu vas tomber. Parfois ce sont des gens respectueux et sans histoires, d’autres fois ce sont de vrais cons qui te prennent pour leur larbin. Un jour, un mec m’a dit que le client était roi, je lui ai répondu que le roi pouvait marcher”

“La nuit, les seuls qui restent ouverts ne sont pas au guide Michelin, on mange souvent de la merde. On gare la caisse au bord
d’une rue, d’une gare et on mange seul”

“On a nos habitudes, nos pauses se font très souvent autour d’un café. Chloé est de nuit une fois par mois. On s’entend bien, elle m’annonce en avance certains retards de trains.”

“La nuit, c’est café clopes non-stop. On tue le temps, on s’occupe, on parle, on regarde YouTube, le bon coin, on joue à des jeux sur nos téléphones. On attend.”

“On passe notre vie à attendre. La nuit, tout le monde galère, même les putes”

“Sur le bon coin, un mec vend un bobber* qu’il a refait à neuf. Je n’ai pas les moyens pour l’acheter, mais je lui envoie un message pour lui dire qu’il a fait du bon travail.”

*Type de moto

“Quand les urgences nous commandent une course, je rappelle toujours leur accueil. Je veux m’assurer que le client à un moyen de paiement. C’est souvent arrivé que la personne n’ait rien pour payer. Quand tu fais un bon 50 Km que le mec te dit qu’il n’a rien pour payer, c’est chiant !”

“On se retrouve souvent aux urgences, les gens, une fois qu’ils sont soignés, bah, ils doivent bien rentrer chez eux, c’est pour ça qu’ils nous appellent.”

“Je vais souvent aider les gens en allant les chercher. Je porte leurs affaires dans la voiture. Ils sont souvent dans la merde, mais j’ai réussi à me blinder. Je ne m’apitoie jamais, on à tous nos soucis et il faut y faire face, c’est la vie.”

“Fredo est chauffeur de taxi de nuit depuis 25 ans, il s’accroche, je ne sais pas comment il fait. C’est de plus en plus dur de gagner sa vie en roulant, surtout la nuit. Orléans est une petite ville.”

“Quand je peux, c’est à dire souvent, je m’entraîne à la calligraphie. Je m’emmerde dans ce travail, ça me fait chier, je veux faire autre chose. J’aime la culture “Chicano” et “Kustom”. Je veux tatouer du lourd en termes de calligraphie et de typo.”

“Dès que je peux, je vends ma plaque. J’en ai marre. Je veux faire autre chose, un truc qui me plaît. J’aime la calligraphie, le tatouage, je vais 2 fois par semaine dans le salon de tatouage de mes potes pour apprendre le métier.”

“Je commence à bien savoir répondre aux clients, j’ai de plus en plus d’aise avec le fait de les conseiller, de savoir ce qui ira le mieux avec leur idée de base. Les gars du shop me poussent au cul pour que je travaille ma calligraphie, ce que je fais tout le temps.”

“Ma femme, Julie a plié sa four. J’ai donc cassé la tirelire pour lui donner ma 406. Me voilà au volant d’une Mercedes. Du lourd à conduire, mais ça n’arrange pas mes plans. Je vais devoir continuer la route de nuit pendant un peu de temps.

“Bon, on est tous dans le même panier la nuit. Quand j’étais jeune si on m’avait dit que je serais bien avec des flics, j’aurais rigolé. Mais c’est le cas. On attend, on galère, on aime les motos, alors on parle de ces trucs et on s’entend bien, ça passe le temps.”

“Une meuf sympa, une anglaise qui adore la France. Elle fait partie des gens que j’aime conduire. Malheureusement, c’est souvent des gars complettement déchirés, au fond du trou, qui creusent encore.”

“Les cloppes, le feu, la monnaie pour les cafés et la nuit peut continuer.”

Merci à Alexis de m’avoir accepté à ses côtés pendant si longtemps et de m’avoir fait accepter des autres chauffeurs. Merci à Aurélien Ducoudray pour son soutien et ses encouragements. Merci à Thomas Dunand pour avoir co produit ce projet.

Florian Belmonte – Tous droits réservés 2015-2021

Note de film « Marfa Girl »

« Marfa Girl »Larry Clark – 2012 (vu le 27-02-2017)

Marfa Girl raconte un moment de la vie de quelques habitants de « Marfa » une ville du Texas. Il n’y a pas de but précis dans l’histoire, pas de réelle narration, c’est un simple moment dans leur vie. J’adore ce genre de récit.

Adam (Adam Mediano) est très au centre de l’histoire. C’est autour de lui que les personnages vont tourner. Je trouve ce plan assez chouette, un train passe de gauche à droite et laisse donc passer Adam.

Cela me donne l’idée de l’histoire de la rencontre de deux personnes autour d’une voie de chemin de fer.

Le personnage de Tom (Jeremy St James)  est le plus violent je trouve, dans sa trame psychologique. Il a l’apparence d’un agneau, on lui fait confiance, il est garde frontière, bien habillé, souriant. Il cache en fait un vrai traumatisé. C’est dans des paroles déplacées qu’on découvre qu’il n’a pas si bon fond. Mais surtout quand il donne rendez-vous à la serveuse (Elizabeth Castro), elle croit que c’est un homme bien, mais en la faisant venir chez lui en utilisant l’excuse de l’oubli de portefeuille, elle lui demande « ou penses-tu que nous allons manger? » et il répond « Je ne pense pas que nous allons manger, nous allons baiser ». C’est le deuxième indice sur la véritable nature du personnage.

Dans cette scène, il parle mal à la jeune fille qui vient lui servir un café. Ses deux collègues lui disent qu’il ne doit pas parler comme ça, que ce n’est pas une façon de faire. C’est le premier égard de comportement.

Dans cette longue scène, Adam et Marfa Girl (Drake Brunette) parlent de sexe. Elle lui raconte ses aventures sexuelles, que son père était un Hippie et qu’il croyait au pouvoir de l’amour. Elle se confie donc en faisant part de son point de vue sur le jugement des gens. Elle exprime le fait qu’un mec qui couche avec 20 femmes est un « Badass » et qu’une femme couchant avec 10 hommes est une pute. C’est dans cette scène que le film prend une tournure qui me plait bien. C’est souvent tard dans le récit que je comprends ce que veux dire Larry Clark. J’aime beaucoup cette scène qui s’étend sur plusieurs décors. En démarrant de la salle de bain ou Marfa Girl va aux toilettes devant Adam qui prends son bain. Sans pudeur, j’aime bien quand les choses sont filmées sans chichis.

Adam dort en cours, c’est une scène assez étrange car sa prof Miss Jones (Lindsay Jones) le garde à la fin du cours pour lui faire une remarque. Elle lui fait ensuite toucher sont ventre pour sentir le bébé bouger. Elle installe Adam sur ses genoux et lui met 17 fessées. Ils rient et prennent plaisir à cette scène. C’est étrange mais bon. Je n’ai pas encore trop compris.

La rencontre avec Inez (Mercedes Maxwell) est assez superficielle. Adam à l’air d’être heureux avec elle, il y a de belles scènes de balades et de romance (aussi un peu de sexe) mais de jolis moments. Jeunes, innocents mais, à côté de tout ça, Adam continue à avoir quelques rapports avec d’autres. C’est assez léger, comme si rien n’avait vraiment d’importance.

Ce moment par exemple, ils doivent se dire au revoir mais Inez ne lâche pas le skate. J’adore ces moments de vie. Les personnes savent qu’elles doivent se dire au revoir mais le pas n’est pas franchi. Le temps s’étale et la décision de partir n’est pas prise rapidement.


Conclusion :

La vie des jeunes de la ville de Marfa n’est ni compliquée, ni simple. C’est une vie assez normale, du skate, des histoires d’amour, des cours qui font chier. Il n’y a pas non plus énormément de rapport avec la drogue. Le vrai twist est que Tom, le garde frontière se dévoile vraiment à la fin du film. Tom dévoile,àa la fin qu’il à été longtemps tabassé par son père, qu’il ne veut pas faire pareil avec son enfant de 9 ans mais sa mère lui à oté. ils sont divorcés. C’est la que le personnage se dévoile, un mec fragile qui en fait reproduit la violence qu’il à vécu non pas sur son fils mais sur les jeunes de la ville. C’est le schéma psychologique le plus travaillé du film. C’est un film que je pense engagé à ce sujet la. Il expose des jeunes (hommes et femmes) libérés sexuellement et une vrai critique des zones pauvres en activités. Comme beaucoup de films de Larry Clarck, une vision très pessimiste et mortifère est proposée pour certains personnages. C’est assez surprenant d’ailleurs car j’aime autant sa vision que celle de Chris Colombus qui elle, est beaucoup plus rêveuse, magique et pleine d’amour. Dans Marfa Girl, la violence est un symptome d’une même violence. Des personnages meurtris, en manque de soutien, reproduisent ce qui leur est arrivé plus jeunes. C’est horrible je trouve.

Note de film – « It Follows »

Attention : Les lignes qui suivent sont une « note » que j’ai rédigée après avoir vu ce film. Ce n’est pas une analyse du film, ce sont mes « notes » sur ce qui me plait et attire mon attention. Cet article comporte de légers spoïlers. Je ne dévoile pas le dénouement mais donne quand même quelques informations sur le déroulement de l’histoire. Je vous conseille quand même de voir le film avant de lire ces quelques lignes. Je met côte à côte ce film et Halloween de John Carpenter qui est un de mes films de chevet.

« It Follows » est un film de David Robert Mitchel sorti en 2014

Bon, j’ai un très gros capital sympathie pour Jay Height (Maika Monroe) qui joue dans « The tribes of palos verdes« . J’ai beaucoup de respect pour le film. Je pense clairement que le réalisateur est inspiré d’Halloween dans le rythme, dans certains plans et dans ses optiques. Beaucoup de plans sont filmés au grand angle. Il y a beaucoup de profondeur de champ, peu de choses floues. Des Dutch Angle, des deux tiers un tiers, une compo très soignée, appliquée qui est vraiment efficace.

Au départ, la police s’occupe de Jay et commence à mener l’enquête. Elle va vite disparaitre de l’écran pour ne laisser de place qu’à la bande d’amis et d’amies de Jay. C’est d’ailleurs cool de les voir prendre leur courage à deux mains pour aider Jay. Je peux trouver des similitudes avec « Les Griffes de la Nuit » de Wes Craven. Le sommeil est un ennemi. Il ne faut pas se laisser surprendre. On voit la fatigue des jeunes s’accumuler durant tout le film.


« Halloween » « It Follows » dans un mouchoir de poche

L’héroïne de « It Follows » s’appelle JAY je fais un rapport avec JAYME LEE CURTIS de Halloween. La sœur de JAY est appelée KELLY, comme la sœur de Jamie Lee Curtis, KELLY Curtis.
La première victime du film s’appelle Annie, comme un personnage dans Halloween.

Il y a des scènes qui me font beaucoup penser à Halloween. Des déambulations dans les rues de zones pavillonnaires. Le film dure 1h30 et prend vraiment son temps ce que j’adore. 

 La maison de la mère de Jeff

A 51:35 du film, ce plan me fait beaucoup penser au plan de la voiture « Sheriff » dans Halloween.

La caméra est vraiment à ras du sol. Je trouve ces plans fantastiques dans la narration de ces deux films.

Dans Halloween, c’est le premier plan qui présente Haddonfield le quartier de Laurie Strode de Jour. C’est dire si c’est un choix important de mise en scène. C’est dans ce plan que quelques feuilles tombent devant la caméra.

Hormis le mouvement de caméra qui est à l’opposé d' »Halloween » (trav avant au milieu des tables de classe) dans « It Follows » le plan est un pan à 360° qui fera deux rotations complètes jusqu’à la fuite de Jay. Mais, la similitude est dans la place qu’occupe Jay dans la classe. C’est sensiblement la même que celle de Laurie Strode.

Dans ces deux plans, je trouve un réel écho narratif. Sur le plan du haut ou Jay est ligotée à un fauteuil roulant, Jeff arrive à gauche de l’écran lui explique qu’elle est maintenant suivie par cette chose. Dans le plan du bas, les jeunes sont dans un retranchement autour d’un lac. L’ambiance n’est pas à la fête malgré les efforts des copains et copines de Jay. Et paf, même plan, presque même valeur, de la même zone sort le danger. Je trouve que c’est un film très travaillé, studieux.

La scène du diner :


Au départ du plan (trav avant) Jay et Jeff sont dans un restaurant. Le point est sur eux mais le son ne l’est pas. C’est comme si la scène était sourde.Le point va finir par se rattraper sur le fond.

Cette lumière et la mise en scène font penser à la scène du miroir dans Carrie

Cette scène est à la fin du film, j’adore le stress qu’elle véhicule. Les trois protagonistes sont au calme dans un parc et du fond arrive une silhouette qui marche vers eux. Le stresse monte car maintenant, nous pouvons penser que la chose peut revenir à chaque fois.

J’ai rédigé cette note de film afin de poser quelques lignes sur les rapports que je fais entre Halloween de John Carpenter et It Follows de David Robert Mitchell. Je trouvais intéressant d’écrire ces quelques lignes sur ces films. J’aime beaucoup les deux films. Le « Mal » est traité dans les deux films. Dans « It Follows » le mal est « transmis » et de manière horrible. Il est traité comme une maladie ou une infection sexuellement transmissible. Vous devez coucher avec quelqu’un pour vous débarrasser de la chose. Cela implique (si vous êtes au courant) une manipulation, une trahison ou une exploitation de cette personne. C’est horrible. Le pire dans tout ça, c’est que si la chose parvient à tuer sa victime, alors elle retourne chasser la personne précédente. C’est un cercle vicieux et sans fin.

Allociné à fait un « Avez vous remarqué ? » sur ce film. Je vous le conseille

Note de film : Le chat – 1971

Un film de Pierre Granier-Deferre.
Avec Jean Gabin et Simone Signoret.

Page Wikipedia du film

Attention : Les lignes qui suivent sont une « note » que j’ai rédigée après avoir vu ce film. Cet article comporte des spoïlers très importants je vous indiquerai d’un texte rouge quand ils commenceront afin de ne pas vous gâcher les surprises..

Dans la ville de Courbevoie, un couple, Julien et Clémence Bouin passent leur temps à se haïr. Ce film raconte leur chute aux enfer dont l’issue est impossible.
Julien est typographe retraité et Clémence ancienne acrobate. Le problème est que les choix de leur passé font qu’ils se détestent aujourd’hui. Julien à étouffé Clémence en lui imposant de quitter le cirque, ce qui ne fut pas difficile après sa chute de trapèze. Clémence apprend qu’elle ne pourra plus jamais marcher correctement. Elle boite d’ailleurs.
Julien lui, dit qu’il change, comme le monde et qu’il n’aime plus Clémence. Greffier fait son apparition dans leur couple, un chat de gouttière retrouvé dans le voisinage. Julien s’occupe de Greffier à temps plein et ne fait cas des questions de Clémence.

Les thèmes de ce film sont assez importants. Le récit est découpé en plusieurs époques. On commence le film par des plans de Courbevoie dans une brume épaisse qui ne nous laisse rien présager de bon. L’ambiance est vraiment travaillée dans ce film.

Le bruit incessant du deux ton de l’ambulance et un gros plan sur le gyrophare nous indiquent que quelque chose se passe. On voit aussi un plan d’un couloir d’hôpital menant au « bloc opératoire » mais rien ne nous indique le pourquoi du comment. Tout le film va s’en charger.
C’est vraiment bien découpé. 

Les spoilers commencent

La construction vue par la destruction :

Dans leur rue, quand ils emménagent, on nous montre, grâce à un flashback que tout est idyllique. Tout est beau et que la vue du quartier est « imprenable » comme le dit le bailleur. Ensuite, pendant tout le film, on apprend qu’un nouveau quartier se construit, mais on ne voit aucune structure sortir du sol, rien, que de la destruction. Un vacarme incessant, des ouvriers parlant une langue étrangère (ce qui appuie le fait que la communication est impossible), des camions, des pelleteuses, de la terre et des gravats. Rien, absolument rien ne laisse entrevoir que l’issue du film sera bonne.

La jalousie et sa bêtise légendaire :

Le chat est un élément déclencheur dans le film. Il pousse Clémence dans ses jugements idiots et non fondés sur de la jalousie.
Julien est aussi jaloux, et aussi bête. Quand Clémence lui dit qu’elle va aux obsèques d’un ancien clown, il lui fait une scène car elle reçoit des appels de l’extérieur. La jalousie pousse même Clémence à se séparer du chat. Le premier essai n’est pas concluant, elle l’abandonne dans un supermarché, mais il revient. La seconde fois est radicale, elle ouvre le feu sur la pauvre bête avec une arme que Julien lui a donné pour qu’elle le tue lui, pas Greffier.

La bonté étouffée par le quotidien :

Ils s’aiment, et se détestent, c’est un film dont l’angle est très complexe. L’amour des deux cachés par la haine du quotidien. C’est un récit d’anticipation pour plein de personnes. C’est terrifiant, cela donne envie de ne pas se laisser avoir par une routine nulle et destructrice.
Le moment ou Julien lui adresse un mot gentil est assez fort car même ça, alcool (soulignée par le plan sur le verre) fait revenir Julien sur sa parole. Il n’envoie pas le mot, mais le jette au feu. C’est encore une preuve de l’usure du quotidien.

De l’érosion à la destruction :

Julien et Clémence mangent dans la même pièce mais pas à la même table.

Si ce film est noir par son érosion. Je vois là le travail de Georges Simenon qui, pendant sa vie et ses voyages à rencontré des tas de gens et qui en montre une facette. Celle ci, manque de bol, est pessimiste au possible.
Leur quotidien montre bien qu’un couple, doit se construire chaque jour qui passe. Que rien n’est acquis et que l’entretien d’un bâtiment, aussi petit qu’il soit, nécessite de l’attention et de la rénovation.

Ils ne se parlent plus, Julien l’a promis à la mort de Greffier. « Je reviens, mais je ne t’adresserais plus jamais la parole, tu entends ! » Ils font donc leur vie, chacun de leur côté. Avec des cadenas aux portes et des tables, lits, repas et nourriture séparés.

Dans ce plan, Julien regarde d’en bas, mutique, la destruction des bâtiments d’en face. Une énorme boule de fer vient cogner, sans âme, sans émotion les murs de l’immeuble détruit petit à petit. 

Le dialogue laisse entrevoir une solution, mais la bêtise le clôt :

Dans cette scène, Julien est chez Nelly. Elle tient un hôtel de passes non loin de leurs maisons. Il ne consomme pas, il y vit, dans la chambre 19, sans autre but que d’être loin de Clémence. Il regarde, sans le son, des oiseaux voler. Quand Nelly vient lui parler de sa femme, il répond brièvement. Quand la discussion l’agace, il allume le son et la discussion se fait couper par les cris des goélands qui volent. Le caractère buté du personnage est bien présent. On voit que le peu de phases de « questionnement » de la part de Clémence sont annulés par des réponses bêtes et bourrues de Julien. 

Deux truffes, entourés de gens bienveillants :

Plus j’écris ces lignes, plus je pense que ces deux personnages sont des truffes. Que ce soit par leurs crises de jalousies, le fait qu’ils s’étouffent mutuellement. Ils n’écoutent jamais l’autre, mais pire, ils n’écoutent pas les autres en général. Julien à des collègues qui lui disent qu’il ferait mieux de partir. Non ! Il s’en fiche, il est aveuglé par ses certitudes et son quotidien.

La vengeance ? 

Julien tue t’il Clémence par son mutisme et son absence ? C’est la question que je me pose, ce qui appuie encore plus fort le thème de la bêtise. Car, la mort de Clémence le mène à sa propre mort. Comme s’il avait fait son travail de vengeance et que son suicide est l’inéluctable fin de cette relation destructrice. Quel gâchis ! Clémence sait jouer des tas d’instruments, peut reprendre quand elle veut un travail au cirque. Lui peut partir vivre ailleurs, son métier lui plaisait, il collectionne toutes les coupures qu’il a imprimé.

Je ne peux pas vraiment conclure, c’est une « note » comme j’en prends des tas sur les films qui me marquent. Je n’ai pas pour but de proposer une analyse unique, mais juste une réflection sur certains thèmes, certains plans, certains dialogues qui m’ont marqué pendant que je regardais ce film. J’espère que ces lignes vous auront donné envie de le revoir ou de le voir. N’hésitez pas à me donner vos ressentis ensemble, on peut découvrir plein de choses encore.

Belle journée à vous.

Je suis dans la lune

« Je suis dans la lune » est un court métrage traitant du chemin personnel et de l’entourage d’une enfant découvrant qu’avec un petit coup de pouce, elle peut devenir qui elle veut.

J’ai réalisé ce film avec notre production « Noroom » pour le Nikon Film Festival.

Voici quelques images de mon storyboard. Afin de faciliter la compréhension du board lors des réunions de pré production, j’ai collé tous mes dessins sur du carton plume et découpé chaque plan séparément afin de pouvoir modifier ou ajuster le plus confortablement les plans.

Pour que l’enfant ait son déclic, je voulais la faire rencontrer un personnage haut en couleur. Elle rencontre Charlotte, jouée par Olympe, dans un garage peu accueillant. Je voulais faire comprendre à mon équipe ce que j’avais en tête pour ce personnage. J’ai donc commencé par faire quelques croquis de Charlotte.

Ensuite j’ai attaqué la partie lune. Pour éviter de se lancer bille en tête sur la fabrication, j’ai commencé de la meme manière avec des croquis et des petites sculptures.

Après ces recherches, l’équipe des décors valide la faisabilité du projet. Nous attaquons le travail plastique.

Notre structure en cartons récupérés dans les rues
Eric Klatt après le poncage de la mousse
Une fois poncé et peint le siege « lune » est fin prêt pour le tournage

J’ai aussi utilisé du carton plume pour faciliter mes explications pour préparer le tournage. Les plans de situation sont donc fait avec des éléments que je peux bouger en temps réel lors de nos réunions.